Les 2 et 3 décembre 2025, la capitale marocaine accueille la première conférence internationale consacrée aux victimes africaines du terrorisme : un rendez-vous historique destiné à mettre en lumière les souffrances des survivants et à réaffirmer la nécessité d’un soutien collectif, politique et humanitaire.
Organisé par le ministère marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, avec le soutien du bureau de l’Bureau des Nations Unies pour la Lutte contre le Terrorisme (UNOCT), l’événement rassemble des représentants de gouvernements africains, des associations de victimes, des chercheurs, des experts en droits humains, ainsi que des organisations régionales et internationales engagées dans la lutte contre l’extrémisme.
Au cœur de cette conférence : la volonté de faire entendre celles et ceux dont la vie a été brisée par le terrorisme. Témoignages poignants, récits de traumatisme, mais aussi d’espoir et de résilience — les participants entendent faire de leurs histoires individuelles un levier politique et social, capable d’alimenter des politiques efficaces de réparation, de soutien psychologique, de réinsertion et de prévention.
Le message central est fort : face à l’horreur des attentats et à l’impact durable du terrorisme sur les individus et les communautés, il ne s’agit pas seulement de punir les coupables, mais d’accompagner les survivants sur le long terme. L’objectif est de bâtir des mécanismes pérennes — juridiques, psychologiques, sociaux — pour garantir dignité, justice et soutien aux victimes.
Jamais jusqu’alors un tel rassemblement ne s’était tenu à l’échelle du continent africain — faire des victimes du terrorisme le centre d’un débat global marque une inflexion dans les approches diplomatiques et sécuritaires. Pour le Maroc, comme pour l’ONU, c’est une manière d’inscrire la mémoire des victimes et leurs droits dans une feuille de route commune, portée par des États, des acteurs internationaux et la société civile.
Parmi les objectifs affichés de la conférence :
- renforcer les mécanismes de réparation pour les victimes et leurs familles
- promouvoir le rôle des survivants dans les politiques de prévention de l’extrémisme violent
- encourager la coopération entre États africains, organisations régionales et internationales pour une stratégie sécuritaire prenant en compte la dimension humaine.
Pour l’Afrique, cette initiative pourrait constituer un tournant : la reconnaissance de victimes longtemps marginalisées, l’instauration d’un cadre de soutien et à terme une mémoire partagée du terrorisme, prise en charge collectivement. Pour la France et l’Europe, c’est un signal important : aux côtés des réponses sécuritaires, la dimension humaine et civile doit être un pilier de la lutte contre le terrorisme.
Enfin, en plaçant la voix des victimes au centre, la conférence pourrait inspirer des politiques plus humaines, plus inclusives — un modèle possible pour d’autres contextes (conflits, radicalisation, violences).

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